Désormais grand habitué des scènes françaises, Oddisee fait partie de ces mecs qui te donnent envie de continuer à y croire, et à l’occasion de sa venue en France le 7 novembre prochain on vous propose de revisiter l’instant d’une lecture sa petite histoire à travers son dernier LP.

« I’d rather die than be complacent with the way that it goes », déclare Oddisee sur « NNGE », l’un des morceaux de son nouvel album à la portée politique indéniable et à la musicalité electro assumée ;The Iceberg. À 32 ans, le rappeur de D.C travaille sans relâche depuis plus d’une décennie. The Good Fight de 2015 transpirait l’harmonie; l’instrumental Odd Tape, mettait en avant sa création rythmique, et l’EP Alwasta chargé d’anxiété, préfigurait The Iceberg.

Les fans de la première heure ne seront pas surpris de la teneur politique des lyrics parsemés dans son dernier LP. De messages en observations durs et réalistes du monde qui l’entoure, cet album se veut dans la lignée des précédents mais insiste sur ce qui indigne son auteur.

« Lifting Shadows », est le point d’ancrange de The Iceberg, en quelques mots, un rayon concentré d’âme hip-hop qui ricoche bruyamment dans une ère politique minée de calembours et d’antonymes. « Like Really » attire aussi l’attention sur l’inégalité systémique omniprésente « How you made a film about Egypt with all lead roles caucasian”.

La toile de fond de l’analyse de la coupe d’Oddisee est la continuité du son funky de ses récents records. Le slap du bassiste Dennis Turner et des riffs d’argent vif d’Olivier St. Louis passent à travers l’Iceberg, et les tambours programmés frappent avec la pression d’un joueur humain. Saint-Louis est aussi un chanteur doué – pendant « Rain Dance », une symphonie étincelante de quatre minutes, il dégringole sur la piste d’en haut, secouant les murs avec un cri qui fait signe aux Temptations au début des années 70 .

Le hip-hop live-band a repris du service après plus d’une décennie derrière des actes comme Kendrick Lamar ou Chance the Rapper. Bien que dans la pop moderne, les marées montantes ne soulèvent pas tous les bateaux. On ne sait pas si leur succès signifie que d’autres rappeurs ayant une approche comparable peuvent faire de la musique et profiter des avantages de plus d’auditeurs sans avoir à compromettre leurs méthodes. Sur The Iceberg, les personnages semblent coincés dans des chemins retranchés dictés par l’histoire raciste de l’Amérique, et l’album se termine à un stand-off. « We can’t agree on a thing, », note Oddisee sur « Rights and Wrongs ». « We both are beyond the games/But we still play  » Encore une belle galette signée Oddisee.

On apprend qu’il sera en concert le 7 novembre prochain à la Bellevilloise.

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