Rita Ekwere, est poète et rappeuse à ses heures perdues. Et des heures perdues, il faut dire que la jeune artiste de Londres en a eues un paquet, puisque ça fait plus d’un an que le projet «Durt» doit sortir, laissant les fans dans l’expectative après quelques featurings remarqués (notamment avec Stormzy).

L’attente en valait la peine, car c’est un délicieux mélange musical et littéraire que nous livre Ray Blk (Building, Living, Knowing). Sur une instrumentation légère qui n’est pas sans rappeler la neo-soul d’Erykah voire le jazz groovy d’un Robert Glasper (le titre « Gone » par exemple), c’est un véritable récit de vie que nous dévoile Ray Blk. Oscillant entre thèmes sombres  et badinages sentimentaux de tous âges, l’artiste nous avoue en fait son tiraillement entre volonté de grandeur et attachement à sa vie dans la banlieue de Londres (un quotidien décrit dans « My Hood»).

Les références historiques et culturelles foisonnent, les jeux de mots sont riches, incitant à vraiment se pencher sur les textes pour apprécier ce produit à sa juste valeur. C’est complexe, mais jamais compliqué . C’est sérieux, mais jamais prétentieux : elle n’a besoin que d’amour, clame-t-elle dans « Chill Out». On peut aussi faire le parallèle avec Akua Naru qui partage la même conception poético-musicale.

«Doing Me» succésseur de l’excellent «Patience» est le deuxième extrait de son prochain album. Ce titre additif dégage une positivité contagieuse en traitant un sujet majeur: s’aimer pour ce que l’on est! L’ensemble peu produit n’est pas gênant. Au contraire, la richesse des sonorités avec des sons de claviers particulièrement soignés nous invite dans cette atmosphère feutrée qui met bien en valeur les textes. Et puis après tout, on sait depuis Joey Baddass que production limitée ne rime pas avec amoindrissement qualitatif. On souhaite la même trajectoire à Rita malgré son « anonymat ».