USA – UNE TOURNÉE ET UN NOUVEL ALBUM POUR MICK JENKINS

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Il se passe de très jolies choses ces temps-ci du côté de Jayson Mick Jenkins. Pour sa troisième itération, le jeune homme ne compte pas renie pas ses principes. Il se donne depuis la fleur de l’âge, il est hyperactif, il est indépendant, mais il est surtout talentueux à en crever. Lui qui nous avait conquis avec une musicalité démente entrecoupée d’apartés aériens toujours bien amenés sur The Water[s] continue sur sa lancée et il en résulte Wave(s) un an plus tard, un album venu d’une autre strate temporelle. Où lorsque la démonstration prend le pas sur l’émotion et qui condense toutes les influences du Jeune MC et depuis c’est la recherche, l’évolution sans dénaturer le propos. Le changement dans la continuité en somme, soit une belle manière de résumer The Healing Component, un beau troisième album en perspective.

L’idée principale consiste toujours à entrainer votre oreille intriguée dans les méandres tortueux de l’esprit de Mick. Là où les doubles sens sont légions, et où les textes allégoriques donnent vie à un flow lent, compréhensible, et articulé à la syllabe près. Les maux ne s’effacent pas, ils s’estompent. Ils sont dépeints avec plus de recul, d’autodérision que certains pourraient confondre avec de la légèreté. Il n’y a pourtant rien de léger dans ce The Water[s]. La violence, le doute et les remords sont bien présents, savamment distillés au grès des 15 tracks étonnamment homogènes, qui naviguent entre UK Garage et résonances hip-hop. Ondes rétro et modernité. À défaut du côté performer pur et dur, c’est Jayson Jenkins, le story-teller qui ravira les foules. Le don d’embarquer l’auditeur dans n’importe lequel de ses travers reste intact, tout comme cette capacité innée à capter l’attention. Shipwrecked et Drink More sont quelques-uns des exemples les plus probants.  Éternel point fort, les instrus se permettent tout. Du groove jazzy de l’excellent Jazz, aux riffs d’un Comfortable, en passant par Black Sheep qui flotte dans les eaux du old school. Le côté atmosphérique / urbain reste en tout cas une constante fort appréciable.

Son aura stylistique assez unique, se veut une fois de plus la synthèse de multiples références. Si le mariage électronica / hip-hop n’est définitivement plus à prouver, il n’est ici pas une fin en soit, mais plus un moyen pour Mick de nous emmener dans son imaginaire. Là où tout se bouscule dans une harmonie qui frise l’incompréhension, et Wave(s) en est la preuve.

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À aucun moment, Wave(s) ne donne cette sensation de trop. Les premières notes sont oniriques, éclatantes comme du cristal, un égarement, qui sert en réalité de parfaite introduction à l’heure de rêverie urbaine qui va suivre. Les rythmes downtempo et les breaks d’une fraicheur exemplaire n’y sont à ce titre pas pour rien, tant ils se positionnent à chaque instant comme les garants de la justesse. Plus contestable, la présence plus appuyée de morceaux plus chantés, qui apportent cette touche plus pop sur laquelle il insiste depuis un moment. On pense à Perception, ou bien l’entrainante The Giver, qui laissent ce sentiment d’incompréhension quand à la vraie direction artistique. Mick Jenkins n’en est pas encore à son dernier coup. Ce sera certainement plus lisse que par le passé, mais l’envie et le plaisir demeurent. Et il est contagieux. C’est surement là le leitmotiv de Wave(s) : un album qui sort un peu moins des tripes, un peu plus du cœur.

Entre deux tracks, l’excellente Your Love se charge de faire décrocher les esprits, suivi par Get Up Get Down plus intimiste et déstructuré ou le génial P’s & Q’s. C’est sûrement là le plus gros atout de cet album, et accessoirement un des talents majeurs de Mick : le mec nous fait passer du coq à l’âne sans sourciller, et sans que jamais on ne vienne se demander ce qui est en train de se passer. Alchemy est à ce titre un bel exemple de l’éclectisme qui condense tranquillement un peu tout ce qui se fait dans ce Wave(s). Ça clappe dans tous les sens, ça tape allègrement dans le passé, ça te prend par la main avec une mélodie pêchue, et ça n’oublie pas de placer quelques breaks aériens futuristes. Tout un programme donc.

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The Healing Component c’est le nom de cet EP, prévu pour le 23 septembre prochain. Un projet  qu’on nous promet comme le plus abouti de la carrière de Mick. Et qu’il viendra présenter lors d’un concert à Paris le 29 Octobre prochain. En ce qui nous concerne, on se satisfera amplement d’une galette de la trempe de son dernier date. Pour l’un de ses nouveaux morceaux, Mick à collaboré avec Badbadnotgood sur une production chiadée jusque dans les moindres recoins, qui nous donne de quoi nous occuper un bon moment. Une grosse confirmation pour un artiste dont on a de plus en plus de mal à décrocher, un joli moment, pour un album qui en a à revendre. Le résultat est à découvrir plus bas.

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