Style Musical

Connu sous le nom d’artiste Jovi (et Le Monstre – Son alter Ego Producteur), Ndukong GodLove Nfor a réussi à créer un environnement propice à l’expression de sa passion dans une industrie musicale locale assez instable mais dont le potentiel reste intact et à exploiter.  Sa spécificité se précise dans le fait de sortir des styles musicaux Makossa ou encore Bikutsi qui constituent le socle historique de la musique camerounaise et d’arriver à se nourrir de ceux ci pour créer une musicalité qu’il caractérise lui même de “Kwata Style”. (Style du “Quartier” / de la Rue) – Hip Hop africain fait de mélange de rythmes, sonorités et instruments locaux.

Jovi – Don 4 Kwat

La vulgarisation et le support de ces styles musicaux sont nécessaires aujourd’hui. Le vivier africain est riche, varié. L’afrobeat se porte bien et s’exporte de mieux en mieux en tant qu’ensemble. Il est de bon ton de prendre le temps de rentrer dans le détail, d’analyser les diverses sonorités qui viennent des divers hubs africains et qui donnent de la force au mouvement global.

Discographie

Une chose est sûre : Jovi fait preuve de consistance et occupe assez bien sa fanbase qu’il a réussi à solidifier au fil des années. Depuis 2012, il a sorti, via New Bell Music le label qu’il a créé, 7 EPs et 4 albums.

Albums

> H.I.V (Humanity is Vanishing) en 2012

> Mboko God en 2015

> 16 Wives en 2017
> Le dernier God Don Kam en 2019)

Extended Plays

> Kankwe Vol. 1 en 2014

> Kankwe Vol. 2 en 2015

> Raps 2 Riches en 2015

> Puta Madre en 2015

> Bad Music en 2016

> Yaje Vol. 1: Black

> God Di Kam en 2018

Sur le Label, nous avons également DJ Mathematic, Reniss, Tata, Rachel.

God DOn KAM – L’écoute

“God don kam” (- Dieu est arrivé, Dieu est là) est composé de 14 titres qui ont été enregistrés et masterisés en totalité à Yaoundé dans le Studio de New bell Music.

Les paroles sont un mélange de Pidgin, de dialectes camerounais, d’anglais et de français; autre caractéristique de ce “Kwata Style”.

Il pose d’entrée les bases avec un titre fort qui met en lumière la situation politique actuelle du Cameroun où il y a une tendance néfaste à vouloir diviser. Nord vs Sud / Anglophones vs Francophones. “Pick a side !?” => Pourquoi choisir un camp quand nous sommes tous les fils du Cameroun et que c’est ensemble qu’on pourra relever nos défis en réalité communs. (Man Pass Man, Part 4.)

Il fait allusion à ses détracteurs ou du moins ceux qui critiquent son travail. L’objectif est clair désormais se concentrer sur la création de valeurs. (Pissam)

Ses actions Marketing qui suivent la sortie de l’album vont confirmer cet état d’esprit (Vente de l’album via Jumia en plus de la plateforme Bandcamp. Les artistes ne sont pas rémunérés pour leur art au Cameroun – en Afrique. La régulation est quasi absente et c’est à chacun de définir un schéma de création de valeur.

Il s’ensuit un ensemble de titres qui couvre divers thèmes toujours sous un ton propre à son univers _ cru et assumé : Richesse, Débrouillardise, Spiritisme, Religion, Relations amicales et amoureuses, Concubinage, Scènes de vie, Rapport à l’occident, Place et Rapport de l’argent dans les relations, Absence d’entraide en communauté, Autoproclamation, Clashs, Drogue, Sexe, Corruption, Volonté de paix.

(Ouleu, Devil No Di Sleep, Sok Sok, Jengu, Feel me Feel Free, God Don Kam , Versus Verses, Ndolé, Tchak, 20 Ba, No Peace, God Di Kam)

C’est un album dans lequel on retrouve un style qu’il continue d’affirmer à chaque release et une musicalité reste au top (Jovi est très probablement le meilleur producteur du Cameroun.).

Le plus sur ce dernier opus est l’utilisation dans les textes de plusieurs langues et dialectes pour couvrir la foultitude de thèmes évoqués précédemment. Le message et l’approche sont intéressants : le gros de la population vit les mêmes réalités et il est plus que jamais temps de réfléchir ensemble à la résolution de ces problèmes communs au lieu de s’adonner à des divisions futiles.

Production Vidéo – February 16th

La particularité du travail de Jovi réside également dans la qualité de ses visuels. L’une des lacunes de l’industrie camerounaise résidait jusqu’à récemment en la faiblesse de la production vidéo. Cependant, le mindmapping de départ fait par l’équipe New Bell Music semble avoir bien intégré la nécessité de créer en parallèle une section de production vidéo au niveau de la musique créée.

February 16th (https://twitter.com/February16thPic) est le département qui accompagne le label sur ce plan. (Section dirigée par Bertrand Ndukong, le frère.).

Jovi – Pitié ft Tabu Ley Rochereau

Jovi – Cash

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L’industrie musicale africaine est pleine construction, en pleine définition d’une identité. C’est la somme des efforts de créatifs comme Jovi qui permettra d’arriver à la construction d’un environnement aussi puissant que ce qu’on peut observer sous d’autres cieux d’un point de vue financier, aura ou encore tout simplement reconnaissance de l’art à sa juste valeur.

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