FOCUS – THE POWER OF MUSIC W/ SOPHIE MAY

La musique a la capacité de raconter des histoires, peut-être mieux que tout autre médium créatif, ne serait-ce que pour le fait qu’elle touche un si grand nombre. Combien d’entre vous arrivent à allumer la radio, mettre votre playlist Spotify préférée ou peut-être même un disque avant de faire quoi que ce soit d’autre le matin ? Et puis, tout au long de la journée ou à l’approche du week-end, vous arrive-t-il de changer de genre et de tempo pour refléter votre humeur ou votre besoin de concentration ? C’est un médium puissant et omniprésent.

Dans le cadre de notre série « The Power of Music », nous avons voulu explorer à quel point la musique peut être à la fois une référence lors de la création, mais aussi un outil pour motiver ou inciter à un travail incroyable. Nous avons donc contacté trois creatifs pour qui la musique est à la fois une influence mais aussi une production et nous leur avons demandé de créer chacun(e) une playlist.

Pour certains elle reflète un doux nuage enveloppé dans des souvenirs et de bons moments et pour d’autres la nostalgie de ce moment où l’on est tous tombés amoureux de la musique. Nous avons invité une série de créatifs à nous partager leur playlist sur le thème de la créativité. Ci-dessous, découvrez les chansons qui ont fait leur entrée dans la liste de lecture de Sophie May, Alexandre, et Yoann.

Sophie May

Artiste pluridisciplinaire et native de l’île de la Martinique, Sophie May s’inspire de divers disciplines artistiques.
Elle commence en tant que danseuse à l’âge de 13 ans puis jobs et expériences lui permettent de côtoyer de nouvelles personnes et de travailler dans d’autres cercles artistiques dont elle s’inspirera pas la suite. C’est en commençant à créer ses propres projets, qu’elle s’intéresse finalement à la direction artistique.
Elle cultive aujourd’hui sa singularité et sa sensibilité en associant ses connaissances et ses compétences à ses créations.

Black Square : Pourquoi as-tu choisi ces chansons ? qu’est-ce qu’elles te rappellent ou te font ressentir ?

Sophie May : Faire cette sélection n’a pas été évidente pour être honnête parce que j’aime énormément de choses. J’ai l’impression d’avoir trahi des favoris carrément. Pourtant, quand je vois les morceaux que j’ai choisi, je m’y retrouve complètement dans ce que je suis en ce moment. De façon générale, ce sont des morceaux dont je me suis attachée par les paroles et/ou les sonorités, mais aussi par l’identité artistique des artistes. Lil Wayne, Outkast, ou Kendrick par exemple sont des artistes qui lyricalement m’ont foutu une claque quand j’ai enfin eu l’âge de comprendre de quoi ils parlaient ou comment ils décrivaient les choses dans leur morceaux.

Leur versatilité artistique, j’en parle même pas. Je crois même que les gens ne s’en rendent pas compte ou oublient vite. Encore Kendrick c’est actuel, mais les autres, leur contribution à la musique actuelle est réelle. Erykah et Sade c’est la douceur, l’amour et la puissance. Ce sont des artistes qui sont capables de t’écrire quelque chose de douloureux ou triste et pourtant les écouter fait un bien fou. C’est fort et surtout intemporel.

En regardant le reste de ma sélection, je me rends compte qu’il y a aussi beaucoup de morceaux qui me donnent de la “force” quand je les écoute et d’autres qui me rappellent des personnes de mon entourage ou des moments de ma vie. Misik de Patrick St-Eloi retranscrit très bien ce que la musique est pour moi ; de l’amour. (Misik sé lanmou).

Black Square : Avec toute cette culture musicale, qui ont été les premiers musiciens dont tu te souviens avoir résonné en grandissant ?

Sophie May : Je pourrais nommer Kolo Barst, Henri Salvador et le groupe Soft. Mais il y en avait tellement d’autres.

Mon père est un amoureux de musique, comme moi. Et surtout un amoureux de Jazz et de musique Caraïbéenne. Le dimanche, c’était son moment. Assis sur le canapé, musique qui résonne dans la maison. C’est d’ailleurs lui qui m’a offert mon premier mp3 avec deux albums dedans. Dutty Rock de Sean Paul et Tha Blue Carpet Treatment de Snoop Dogg. Je m’en souviens très bien parce que j’étais surprise que mon père connaisse. J’étais trop contente. Je crois qu’il y a avait même quelques morceaux de Kalash et d’Admiral T.

Mais merci à ma mère pour le disco, la funk et la pop, à ma sœur pour le RnB, le zouk et le dancehall et à mon frère pour le rock et l’alternatif. Eux aussi ont beaucoup contribué à ma culture musicale sans le savoir.

Black Square : Pour toi quel serait le moment et l’endroit pour écouter cette mixtape ?

Sophie May : Certains morceaux demandent beaucoup d’attention selon moi. Pour les comprendre et les apprécier. Mais je pense qu’une ride dans un train, en voiture, en vélo ou être simplement posé en quelque part ça marche très bien.

Black Square : Y a-t-il certains albums que tu écoutes durant les différentes étapes de ton processus de création ? Si oui peux-tu nous expliquer ces étapes et la place de la musique dans ce processus.

Sophie May : Dans un processus de création, je fonctionne plutôt en playlist musicale qu’en album. Celle de Rythm & Blues, Soul & Funk à bas volume pour la recherche, histoire de rester concentrée et apaisée.

La playlist West Coast New G. avec un peu de trap et de r&b en phase de conceptualisation à moyen volume pour rester concentrée mais avoir plus d’énergie. Sur les sets franchement y’a de tout, tant que ça garde le mood de tout le monde !

La musique c’est beaucoup trop important pour moi et dans mon processus de travail parce que c’est ce qui inspire la plupart de mes projets. C’est aussi ce qui va relever l’ambiance et la portée du sujet. Quand je choisis un morceau pour de la vidéo par exemple, il faut que ce je vois en images me semble évident au son comme si c’était fait pour être ensemble. C’est la garniture du projet, l’assaisonnement. Ça connecte les sensations et émotions du moment. Et pour moi créer c’est ça.

Music Lover . Rap Junkiez . Cinema & TV Shows Enthusiast. BasketBall Fan

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