African Giant, le tant attendu 4ème album de l’artiste nigérian Burna Boy (Damini Ogulu, né à Port Harcourt au Nigeria le 2 juillet 1991) est sur toutes les plateformes de streaming et de téléchargement légal depuis ce 26 Juillet 2019. Si on y retrouve tous les hits qui ont accompagné son succès récent, il était intéressant de voir comment serait présenté l’ensemble de cette œuvre. L’une des particularités de cet album sur lequel il chante principalement en pidgin est bien sur l’utilisation de plusieurs samples. Il en utilise à profusion dans ses créations et a le mérite d’en faire des sons géniaux.

Ses inspirations

Fela kuti (dont son grand père était le manager) est la référence artistique qu’il cite le plus souvent. Il utilise plusieurs fois des samples de Fela comme le montre Sample Chief.

S’il avoue avoir grandi sur du Hip hop US avant de faire une introspection pour “se retrouver”, il fait un appel à tout enfant de l’Afrique pour cette remise en question ou plutôt cette quête de soi. La fantaisie occidentale est forte jusqu’au moment où, selon lui, on se rend compte que les difficultés auxquelles fait face une grande partie des personnes en Europe ou aux Etats-Unis , sont les mêmes partout dans le monde. La différence sociale est bien sur forte mais le potentiel de l’Afrique est évident sur plein de point et il faut faire la démarche de se l’approprier pour mieux le mettre en avant (Culture, Société,  etc ).

Artistes invités

La curation est belle pour cet album :

  • Jorja Smith (Gum Body),

Jorja et lui s’accordent à la perfection sur ce titre au rythme lent, soul, jazz.

  • Zlatan (killin Dem),

L’un des singles sortis avant l’album et Hit absolu. Sur “killim Dem” on danse le “Shaku Shaku”. Slimcase raconte l’origine de cette danse dans le documentaire “Taxi Waves” (réelle prononciation “Jaku Jaku”, prédisposée à être en accord avec un beat plus lent.)

  • Jeremih & Serani (Secret),
  • Skyt (Black Ryno),
  • Damian marley & Angélique Kidjo (Different),

Fan d’Angélique Kidjo , il la présente comme une icône de la musique africaine. Le titre “Anybody” présent sur l’album est d’ailleurs un sample du titre “We We” de cette dernière.

  • Future (Show and Tell),
  • YG (This side)

Il confie récemment sur la matinale du Breakfast Club que le titre avec YG, il souhaitait le faire avec le regretté Nipsey Hussle dont il admire les prises de positions et les valeurs.

Un album complet

19 titres qui représentent un travail de fond et abouti. Le résultat donne un album assez militant avec des titres comme “Collateral Damage” “Another Story”  à écouter pour en ressentir la teneur. Il est également dansant avec “Killin Dem”, “Show & Tell’, “Gbona” et spirituel dans ses sonorités.

L’album se termine avec le titre “Spiritual” sur lequel il place pour conclure la phrase dite par sa mère (qui est également son manager) lorsqu’elle a reçu pour lui le prix de Best international Act aux BET awards 2019 : “Remember, You were African before you become anything else.”

En attendant les nominations aux diverses cérémonies et récompenses musicales qui auront lieu cette fin d’année, aucuns doutes sur le fait qu’il en remportera un grand nombre mais, comme il le précise très souvent : “The truth needs no validation.”

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