Comme dans toute forme artistique, il existe un courant subversif qui fascine tout autant qu’il dérange. L’Afrobeats n’y échappe et en 2019, l’instigateur du trouble n’est nul autre qu’ Azeez Adeshina Fashola alias Naira Marley.

Originaire de Lagos, c’est à Peckham, en Angleterre qu’il fait ses premières gammes puisqu’il s’y installe à l’âge de 11 ans. Au départ , il souhaitait juste manager ses potes rappeurs et ne se voyait pas rapper à cause de son accent nigérian. Ces derniers parviennent à le convaincre d’essayer et son ton insolent et nonchalant font qu’il parvient à se faire remarquer dans la scène underground. Jusqu’en début 2018, ses sonorités sont très rap uk, dancehall et afro bashment.

C’est en 2019 qu’il atteint le statut d’artiste international grâce, ou à cause, de la controverse autour de son titre “yahoo boy”, qui lui vaudra d’ailleurs un  court séjour en prison. Pour ceux qui ne connaissent pas, les yahoo boy sont des jeunes qui font des arnaques sur internet, et qui sont parfois mêlés à des histoires macabres par appat du gain. En somme, c’est une activité vivement décriée dans la société nigériane et dont Mr Marley fait l’apologie à travers son morceau.

Non content d’être critiqué, il enchaîne avec plusieurs morceaux aux titres évocateurs “Soapy”, dans lequel il semble parler d’onanisme, “Pxta” dans lequel il tient un vocabulaire fleuri à propos des femmes et la liste va encore être longue. Mais ce qui fait réellement la force de l’artiste est qu’il est le reflet de la rue, à l’image d’un mouvement hip hop auquel de nombreux jeunes occidentaux s’identifient.

Naira Marley c’est la street, c’est l’hypocrisie des sociétés dans lesquelles on vit, qui critiquent en public mais adoubent à l’abri des regards indiscrets dans les pub et autres nights clubs. Naira Marley c’est aussi et surtout un artiste bourré de talent qui entend dépeindre le monde tel qu’il le voit à travers sa musique que nous vous invitons à découvrir ci-dessous.

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