USA – UN RETOUR ATTENDU POUR LE NOUVEL ALBUM DE DENZEL CURRY

Dans le cas de Denzel Curry, la névrose n’a jamais été autre chose qu’une formidable source d’inspiration créative. Son flow dépravé n’a d’égal que sa capacité à nous plonger tête baissée dans ses plus grands excès et ses pires phobies. Il n’y a pas de demi-mesure dans le sous-texte du rappeur de Floride. Juste du vécu, une écriture folle, et une manière très concrète de retranscrire la démence qui lui ronge le cerveau. Plus que jamais, le natif de Carol City est un alien. Un marginal revendiqué, qui s’affranchit inlassablement des codes mis en place par des décennies de hip-hop.

Et on ne dit pas uniquement ça à cause de sa voix qui aurait pu sortir d’un épisode de South Park. Curry est un animal de spontanéité. Chacun de ses textes répond à une pulsion plus qu’à une véritable réflexion. Sur Skywalker, l’homme se laisse dévorer par ses doutes dans une démarche qui n’a absolument rien de thérapeutique, ses démons, ses vices, sa psychose : « the life I live has took a part of me/ The only Hell resides in my memories» lance-il sur un ton désabusé, comme submergé par une lente et douloureuse descente aux enfers. En plus d’ouvrir superbement 13, BloodShed condense plus ou moins tout ce qui tourne de travers dans la tête de ce jeune prodige. Le rappeur noie sa solitude avec toutes les substances possibles. Une sensation de chute interminable habille sa musique qui s’accentue sur la production pleine de distorsions. Les influences sont variées, et vont du post-Punk aux atmosphères lubriques bien plus inquiétantes. L’homme est spectateur de sa propre existence, et vit son succès critique et commercial par procuration, multipliant les allusions à son ancienne vie.

 

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Comme le reste de ses projets, rien n’est immédiat. Disons qu’ils se savourent sur la longueur, et se dévoilent au fil des écoutes. On ne peut que louer la démarche du rappeur qui reste fidèle à lui même, et alterne les prises de conscience avec d’autres passages d’une rare subtilité. Denzel Curry est désarmé face à sa propre mortalité et aborde autant de thématiques qui n’ont fondamentalement rien de nouveau, mais qui ne seraient rien sans un perfectionnisme à toute épreuve. Le fond est la forme sont en parfaite adéquation, faisant de ses projets le testament d’un homme en proie à ses démons, mais avant tout passionné par son art.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeune homme sait se montrer mystérieux. Les longs silences font partie d’une communication bien huilée. Rien ne fuite, sauf quelques infos. Oui, l’album est en préparation. Joli planning en perspective, il n’y a plus qu’à prier pour que le son soit à la hauteur des attentes et pour les plus chanceux il sera en concert à Paris le 22 novembre prochain.

Music Lover . Rap Junkiez . Cinema & TV Shows Enthusiast. BasketBall Fan

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