MODE

USA – VICE MAGAZINE QUESTIONNE LA PLACE DE LA DIVERSITÉ DANS LA MODE

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Vous êtes sans ignorer qu’en 2015, le milieu de la mode est l’un de ceux où le manque de diversité est quelque peu criard , aussi bien en terme de designers, que de directeurs artistiques ou encore de modèles. Certes, des noms tels que Olivier Rousteing de Balmain , Shayne Olivier de HOOD BY AIR parviennent à sortir du lot mais il est beaucoup plus difficile pour des personnes issues de minorités d’atteindre le sommet. C’est ce sujet qu’a choisi d’aborder le magazine Vice en allant à la rencontre d’éditeurs de mode et autres créatifs. Nous nous sommes focalisés sur des extraits de propos du duo Street Etiquette , des sœurs Okpo , de Deidre Dyer , Matthew Henson et Brandee Brown.

Joshua Kissi et Travis Gumbs : Fondateurs de Street Etiquette

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Street Etiquette est un site internet ainsi qu’une agence portant sur le lifestyle masculin avec un focus principalement sur la mode. Joshua Kissi  et Travis Gumbs , tous deux âgés de 25 ans, ont déclaré avoir créé cette plateforme parce qu’ils n’y avaient pas assez de vitrine d’expression de la black culture. Dans notre manière d’aborder les choses, nous mêlions les cultures africaines, américaines et carribéennes, ce qui a donné un genre nouveau qui a très vite été adopté par notre entourage jusqu’à ce jour.

Dans la mode, vous pouvez voir que de nombreuses choses sont empruntées de la culture noire, que ce soit les Du-rag, les Air Force One ou encore les Timberland. Toutes ces choses sont des facettes de la culture noire qui, aujourd’hui, sont publiquement adoptées par la haute couture , alors qu’il y a encore quelques années, les marques ne voulaient pas être associées aux minorités. – Joshua Kissi

Je ne pense pas que la Haute Couture ait embrassé la black culture. C’est plus la manière dont les gens l’ont interprété via des canaux comme internet , qui a fait en sorte que cela s’impose à eux comme une évidence contre laquelle ils ne peuvent rien. A chaque fois, que nous avons cette conversation, c’est beaucoup plus le négatif que le positif que l’on retient. Lorsqu’on ne veut pas de nous dans un milieu, nous créons notre espace et ils viennent y puiser leur inspiration. – Travis

 

Deidre Dyer : Editrice mode pour le magazine The Fader

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The Fader est un magazine qui se définit comme la voix des musiques émergentes et des modes de vie qui gravitent autour.

J’ai eu la chance de travailler avec des gens ouverts d’esprit. Je n’ai pas encore eu à faire face à des personnes qui me faisaient sentir que je n’étais pas à ma place parce que je suis noire. Ce que je trouve par contre drôle, c’est le fait que toutes les femmes noires , à la peau foncée, semblent toutes se ressembler aux yeux de certains. Par exemple, lors de la Fashion Week, j’avais des braids et on m’a présentée à une personne qui m’a confondue avec une blogueuse connue.

 

Matthew Henson : Editeur mode pour le magazine Complex

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Complex est un média dédié aux cultures urbaines. Certains le considèrent comme le principal référent en matière de ce qui est trendy dans ce domaine.

Je pense que lorsqu’il s’agit du sujet de la mode , il ne faut pas limiter les exclusions à un problème racial. Les gens ont tendance à oublier qu’il s’agit d’un milieu quelque peu sectaire avec ses traditions qui ont la peau dire. En effet, il n’y a pas beaucoup d’empathie dans ce milieu, surtout lorsqu’une personne commet une erreur.

Pour ma part, le racisme que j’ai vécu était beaucoup plus d’un point de vue social. Je n’étais pas souvent invité aux événements auxquels participaient mes confrères et ça peut être très frustrant. Le fait que nous ne parlions pas de la même manière, que nous ne nous ressemblions pas était un frein. Je me souviens des fois où les gens me dévisageaient comme si je m’étais perdu lorsque j’allais assister à des événements majeurs. Ils se demandaient si j’étais rappeur mais j’étais juste un homme noir avec de l’éducation, donc j’avais le droit d’être là. C’est vrai que le milieu de la mode a un problème racial mais il ne faut pas tous les condamner car après tout, c’est aussi un boulot et certains le font très bien sans se soucier des origines de leurs collaborateurs.

Brandee Brown : Mannequin

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L’Amérique s’est construite sur la base du racisme. On peut encore le voir dans la mode lorsque des mannequins à la peau claire et aux cheveux bouclés sont celles qu’on choisit pour représenter toute une communauté. Il y a peu d’options pour celles qui ont la peau plus foncée. Le simple fait de ne faire défiler que des mannequins de ce type, comme l’a fait Rick Owens, est tellement inhabituel pour être souligné et c’est bien dommage. Cela ne devrait pas être perçu comme quelque chose d’artistique mais plutôt comme une norme comme une autre.

 

Darlene and Lizzie Okpo : Créatrices de la marque William Okpo

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Les sœurs Okpo , d’origine nigériane, sont des créatrices de renom qui ont notamment collaboré avec Solange Knowles pour sa première collection avec la marque Puma.

Les préjugés dans la mode ont la peau dure. Bien souvent, nous sommes décrites comme les sœurs qui font du streetwear. Pourtant, nos produits sont tout autant qualitatifs que de l’Alexander Wang, mais sous prétexte que nous sommes noires, nous ne pouvons qu’appartenir à une catégorie de créateurs.

Certaines fois, lorsque nous nous rendons dans des entrepôts pour acheter des matières, nos interlocuteurs nous prennent pour des stagiaires. L’une des étapes les plus dures est celle de devoir s’imposer en tant que créatrices à part entière lorsqu’on va dans une usine ou lors d’un rendez-vous professionnel.

Nous essayons de rester positives pour la jeune génération. Les Noirs ont un pouvoir d’achat énorme mais ne sont pas représentés du côté des producteurs. C’est compliqué quand vous êtes seuls à vous démarquer ou quand vous êtes la seule noire dans une grande entreprise.

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